Le financement participatif

Posté par Amandine de Koober 08/07/2016

A votre avis, quel a été le premier projet à utiliser le crowdfunding ? Vous ne devinerez jamais… Et bien c’est la construction de la statue de la Liberté ! En 1875, l’Union américaine organise une collecte pour financer celle qui éclaire l’embouchure de l’Hudson donnant naissance à ce qui se nomme 140 ans plus tard le financement participatif. 

Porté par les start-ups et les producteurs vidéo, le crowdfunding, dans sa version moderne, devient le nouveau modèle de financement des entreprises françaises. En 2015, les fonds collectés atteignaient 296,8 millions d’euros et les plateformes de financement enregistraient une croissance annuelle de 122 %. Un engouement boosté récemment par l’engagement d’Emmanuel Macron désireux de copier le modèle anglo-saxon. Dès octobre 2016, les entreprises pourront, comme les particuliers, financer des projets. Le financement participatif en France pourrait sous peu redessiner l’image de l’économie et de la finance au profit d’un modèle plus humain, pratique et dynamique.

Financement participatif : définition

Le crowdfunding est un mode de financement qui, comme l’indique son nom, recourt à la foule. Les investisseurs se rassemblent au sein d’une plateforme pour financer, chacun à sa mesure, le porteur de projet qui lui tient à cœur. Du simple don au prêt rémunéré, en passant par la prise de participation, il revêt différentes formes.

Financement participatif : comment ça marche

Le financement participatif permet de financer un projet en employant l’épargne et la générosité des particuliers qui deviennent des investisseurs par l’intermédiaire des plateformes. Directement inspiré par les possibilités offertes par la Fintech, il fut introduit par les start-ups qui ont utilisé ce nouveau mode de financement pour propulser leurs idées.

Certaines plateformes de crowdfunding, comme Ulule, fonctionnent sur le principe du don. Pour le remercier de son engagement financier, l’investisseur se verra remettre une contrepartie en nature.

Pour transformer une épargne en investissement, les particuliers ou PME doivent se tourner vers les plateformes d’equity crowdfunding ou de lendfunding. Les premières proposent de devenir actionnaires de l’entreprise qui cherche un financement. Dans le second cas, les membres de la plateforme prêtent pour une période donnée et un taux connu une somme d’argent, se transformant ainsi en banquiers.

5 % des demandes sont retenues. Pour obtenir un financement, les emprunteurs doivent soumettre un dossier présentant leur projet de façon détaillée et des pièces justificatives comme leur bilan d’activité.

Financement participatif : avantages et inconvénients

Les avantages du financement participatif évoqués par les porteurs de projet sont la rapidité d’analyse de dossier et d’obtention des fonds lorsque leur emprunt est accordé.

En 48 h, Studio a levé 100 000 euros pour financer son projet de bulles de silence auprès d’Unilend. Le même dossier déposé auprès d’une banque aurait demandé 4 mois. Un gain de temps appréciable pour les start-ups qui pointent du doigt la lenteur des organismes financiers traditionnels.

Autre avantage reconnu, des plateformes comme KissKissBankBank permettent de financer un bien immatériel ou un besoin en trésorerie. Tout ce pour quoi les banques se font tirer l’oreille. Le crowdfunding est une chance aussi pour les sociétés qui ont besoin de fonds de roulement.

Se tourner vers les particuliers via des plateformes solides octroie une liberté d’action inhabituelle. En contrepartie d’un solide dossier, les emprunteurs ne sont pas obligés de donner des garanties personnelles et peuvent rembourser par anticipation sans frais de pénalités.

Les plateformes réunissent des publics éclectiques et les investisseurs qui s’engagent à soutenir un projet sont les premiers à le promouvoir. Le crowfunding devient un moyen efficace pour accroitre sa notoriété et générer une croissance rapide. Il se révèle un bon moyen pour tester un projet ou mesurer l’image de marque de l’entreprise.

Les opportunités offertes par les plateformes de crowdfunding ont leur revers : un taux d’intérêt plus élevé que celui demandé par une banque commerciale. Le taux pour un prêt auprès d’une plateforme s’échelonne de 5 à 10 % contre 2 % environ pour la banque.

Chaque plateforme de financement en France a ses spécificités. Mais toutes demandent aujourd’hui un dossier examiné par un collège d’experts avant de soumettre les projets aux particuliers.

Enfin, parmi les inconvénients du financement participatif, le battage médiatique nécessaire pour attirer les investisseurs peut nuire à la confidentialité du projet. Les amateurs de discrétion apprécieront le risque de voir dupliquer leur idée.

Financement participatif en France

Emmanuel Macron a profité des 3 assises du financement participatif pour lancer une nouvelle voie au développement du crowdfunding en France. À partir d’octobre 2016, les entreprises, à l’instar des particuliers, pourront prêter leur surcroit de trésoreries à d’autres entreprises.